« Comprendre les «Sarrasins» à Byzance dans la première moitié du IXe siècle »

w: From Constantinople to the Frontier: The City and the Cities. Proceedings of the Oxford University Byzantine Society’s 16th International Graduate Conference, red. N. S. M. Matheou, Th. Kampianaki, L. M. Bondioli, Brill 2016, ss. 277-293.

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Résumé : Cet article s’emploie à décrire les interactions sociales entre les Byzantins et les musulmans comme un processus qui s'est développé progressivement dans le temps et qui n'était pas une série immuable d'épisodes similaires (des ambassades spectaculaires, de féroces polémiques interreligieuses...) comme le présentent les historiens aussi bien médiévaux que modernes. Je vais poser deux questions simples : d'une part, comment les connaissances des « Sarrasins » et de leur religion sont-elles entrées à Constantinople et sont-elles devenues l’objet d'intérêt dans la littérature byzantine ? Et d'autre part, comment ce processus était-il intégré à la vie politique et sociale des Byzantins ? Je vais commencer en examinant une question encore plus basique : qui sont les Byzantins qui, à cette époque, ont eu des contacts avec les musulmans ? Je pars du principe que leurs préoccupations et intérêts dans ces rapports ont influencé la façon dont les Byzantins ont formulé leur image des Arabes et de l’islam et y ont réagi. J’ai distingué trois groupes sociaux en contact avec les musulmans à cette époque : (1) les melkites, (2) les soldats et (3) les élites de Constantinople. Ces milieux ont produit (ou influencé) des réponses littéraires différentes, selon leurs façons de percevoir l’islam. Je vais les présenter séparément et dans un ordre approximativement chronologique.